Vikings Casinos : onze casinos français passés sous pavillon autrichien

Camille Laurent, autrice de l'avis
Par Camille Laurent · Publié le 21 août 2026
Logo de Novomatic, propriétaire de Vikings Casinos

Le 1er juillet 2025, onze casinos français ont changé de mains sans que grand monde le remarque. Le groupe Vikings Casinos, né en 1998 à Falaise, dans le Calvados, appartient désormais à l’autrichien Novomatic, le plus gros fabricant de machines de jeu d’Europe.

C’est une opération discrète, mais c’est peut-être la plus révélatrice du moment : elle dit ce que les industriels du jeu anticipent pour le marché français. Voici ce que j’ai pu vérifier.

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Vikings Casinos en 30 secondes

Créé en : 1998, à Falaise dans le Calvados

Ses casinos : 11, surtout sur le littoral et en zone touristique

Son parc : environ 1 000 machines et terminaux de jeu

Son propriétaire : Novomatic, depuis le 1er juillet 2025

Son modèle : le casino de proximité, à taille humaine

La nouvelle famille de Vikings

Jusqu’en 2025, Vikings Casinos était un indépendant français, sans marque sœur ni maison mère étrangère. Depuis le rachat, il fait partie d’un groupe autrichien présent dans toute l’Europe, dont l’activité principale n’est même pas l’exploitation de casinos, mais la fabrication des machines qu’on y trouve.

Novomatic s’organise autour de deux marques : Admiral pour les casinos terrestres et les salles de jeux, Greentube pour le numérique. Notre guide Novomatic détaille cet ensemble, et notamment le piège du nom Admiral, partagé avec un tout autre groupe.

Le parc, et ce qu’il vaut

Onze établissements, essentiellement en zone côtière et touristique, dont Fréjus et Sanary-sur-Mer sur la Côte d’Azur et Bussang dans les Vosges. Le groupe revendique environ un millier de machines et terminaux de jeu, et plus de trois cents salariés.

Des casinos de proximité, pas des complexes de luxe. Le modèle est celui de la salle à taille humaine, ancrée dans sa commune, à mille lieues des grandes adresses de Barrière. C’est précisément ce qui en faisait une cible intéressante : un parc homogène, gérable, et pas cher comparé aux vaisseaux amiraux du secteur.

Le tableau de famille

Acteur Son rôle Depuis quand
Vikings Casinos Exploitant de 11 casinos français 1998
Novomatic Propriétaire, fabricant de machines de jeu 1er juillet 2025
Admiral La marque casinos et salles du groupe Marque du propriétaire
Greentube La branche numérique du groupe Sans offre légale en France

Le rachat, et ce qu’il annonce

Article de presse sur le rachat de Vikings Casinos par Novomatic

La reprise de Vikings Casinos par Novomatic, telle que la presse l’a rapportée.

Capture d'archive du site de Vikings Casinos

Le domaine de Vikings Casinos, tel qu’il répondait au moment du rachat.

Novomatic a signé l’accord d’acquisition en janvier 2025, sous réserve des autorisations réglementaires, et l’opération a été finalisée le 1er juillet 2025. Comme pour toute cession de casinos en France, il a fallu passer par la validation administrative propre à ce secteur, en plus des questions de concurrence.

Le groupe autrichien vendait déjà des machines à de nombreux exploitants français. En achetant Vikings, il devient à la fois fournisseur et client de lui-même sur le marché hexagonal.

Un site web resté à l’arrêt

Détail révélateur du profil de la maison : au moment du rachat, le site vikingscasinos.com n’affichait qu’une page « Site en construction » posée par l’hébergeur. Les archives du web n’en recensent que douze captures entre 2011 et juillet 2025, et le domaine ne répond plus aujourd’hui depuis ma connexion.

Ce n’est pas un reproche. Un casino de proximité vit de sa commune et de ses habitués, pas de son référencement. Mais cela explique qu’on trouve si peu d’informations sur ce groupe, et qu’il soit passé sous pavillon étranger dans l’indifférence générale.

Ce que Novomatic achète vraiment

Pourquoi un fabricant de machines achète-t-il onze petits casinos de province ? La réponse courante, et probablement juste, est qu’il se positionne pour l’hypothèse d’une légalisation du casino en ligne en France.

Le raisonnement rejoint celui de Banijay Gaming rachetant les casinos JOA, mais pris par l’autre bout. Banijay possède un opérateur en ligne et achète du physique. Novomatic possède la technologie et le physique, et attend l’ouverture du numérique. Deux géants, deux stratégies, un même pari sur une loi qui n’a pas encore changé. C’est le mouvement de fond à surveiller dans le secteur français.

Ce que ça change pour les joueurs

Dans les salles, rien pour l’instant

Les autorisations d’exploitation restent attachées à chaque établissement et à sa commune. Les taux de redistribution des machines sont encadrés par la réglementation française, quel que soit le propriétaire. Un changement d’actionnaire ne modifie ni l’un ni l’autre.

Ce qui bouge, avec le temps, c’est le parc de machines et les programmes de fidélité. Quand le propriétaire est aussi le fabricant, le renouvellement des bornes devient nettement plus simple.

L’entrée et les jeux

Pièce d’identité obligatoire, comme dans tout casino français, avec vérification du fichier des interdits de jeu. Machines à sous, roulette et jeux de table selon les autorisations de chaque salle. Ce sont exactement les jeux que la loi interdit en ligne, et c’est ce qui fait vivre ces établissements.

Et en ligne ?

Rien, aujourd’hui. Ni Vikings ni Novomatic ne peuvent proposer de casino en ligne en France, parce que la loi ne délivre aucune licence pour cette activité. Les sites qui promettent des machines à sous jouables depuis chez vous ne sont pas agréés.

Jeu responsable

L’interdiction volontaire de jeu vaut pour tous les casinos de France : une personne inscrite ne peut entrer dans aucun établissement, quel que soit le groupe. La ligne Joueurs Info Service, au 09 74 75 13 13, est gratuite et anonyme. Voir notre page jeu responsable.

Les bons côtés et les mauvais

Ce que j’aime

✓ Des casinos de proximité, sans code vestimentaire

✓ Un parc homogène et bien ancré localement

✓ Un nouveau propriétaire qui fabrique lui-même les machines

✓ Des équipes reprises avec les établissements

Ce que j’aime moins

✗ Une présence en ligne quasi inexistante

✗ Peu d’informations publiques sur le groupe

✗ Des salles modestes comparées aux grandes adresses

✗ Aucun casino en ligne, comme partout en France

Ce que j’en pense

Vikings Casinos montre le casino français tel qu’il est vraiment : de petites salles de province, loin des images de Deauville. Son rachat ne change rien à votre soirée, mais il en dit long sur ce que les industriels attendent des prochaines années. Pour comprendre l’acheteur, lisez notre guide Novomatic, et pour le reste du secteur, notre annuaire des groupes.

Questions fréquentes sur Vikings Casinos

À qui appartient Vikings Casinos ?

Au groupe autrichien Novomatic depuis le 1er juillet 2025. L’accord d’acquisition avait été signé en janvier 2025, sous réserve des autorisations réglementaires.

Combien de casinos compte le groupe Vikings ?

Onze établissements en France, essentiellement en zone côtière et touristique, dont Fréjus et Sanary-sur-Mer sur la Côte d’Azur et Bussang dans les Vosges. Le parc compte environ un millier de machines et terminaux de jeu.

Quand Vikings Casinos a-t-il été créé ?

En 1998, à Falaise dans le Calvados. Le groupe s’est construit sur un modèle de casino de proximité, à taille humaine, plutôt que sur de grands complexes.

Le rachat change-t-il quelque chose pour les joueurs ?

Pas dans l’immédiat. Les autorisations restent attachées à chaque établissement et à sa commune, et les taux de redistribution des machines sont encadrés par la réglementation française. Les effets se voient plutôt sur le renouvellement du parc de machines et les programmes de fidélité.

Existe-t-il un casino Vikings en ligne ?

Non. La loi française n’autorise aucun casino en ligne, ni pour Vikings, ni pour son propriétaire Novomatic, ni pour personne d’autre.

Pourquoi un fabricant de machines rachète-t-il des casinos ?

Pour maîtriser toute la chaîne, des bornes aux salles, et vraisemblablement pour se positionner dans l’hypothèse d’une légalisation du casino en ligne en France. C’est le même pari que Banijay Gaming avec les casinos JOA, pris par l’autre bout.

Le site de Vikings Casinos fonctionne-t-il ?

Au moment du rachat, l’archive du web montrait une page « Site en construction » posée par l’hébergeur, et le domaine ne répond plus aujourd’hui depuis ma connexion. Ce groupe vivait de ses salles, pas de sa présence en ligne.

Qui autorise ces casinos ?

Le ministère de l’Intérieur, dans le cadre d’une délégation accordée par la commune, établissement par établissement. C’est pourquoi une cession de casinos demande une validation administrative en plus du volet concurrence.