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PMU : qui le possède vraiment et quelles sont ses marques sœurs ?

Camille Laurent, autrice de l'avis
Par Camille Laurent · Mis à jour en août 2026
Logo du PMU

Posez la question autour de vous : à qui appartient le PMU ? Neuf personnes sur dix répondront « à l’État ». C’est faux. Et c’est sans doute l’idée reçue la plus tenace du jeu d’argent français.

Le PMU appartient aux courses. Littéralement. Ce sont les sociétés qui organisent les courses de chevaux dans ce pays qui le possèdent, et l’argent que vous misez sur le tiercé retourne en grande partie chez elles. Voilà comment fonctionne cette mécanique, et pourquoi le PMU n’a pas de marques sœurs au sens où on l’entend ailleurs.

Le PMU en 30 secondes

Propriétaire : les sociétés de courses françaises, pas l’État

Forme juridique : groupement d’intérêt économique depuis 1985

Sociétés mères : France Galop et Le Trot

Marques sœurs : aucune marque de jeu concurrente, une seule enseigne

Ce qu’il propose : paris hippiques, paris sportifs et poker en ligne

La famille du PMU n’est pas celle qu’on croit

Chez Betclic ou Unibet, la question des marques sœurs a une réponse simple : d’autres enseignes de paris détenues par la même maison mère. Chez le PMU, cette réponse n’existe pas. Il n’y a pas de deuxième site de paris du PMU, pas de marque casino cachée, pas de cousine à l’étranger.

Sa famille est ailleurs. Le PMU est un groupement d’intérêt économique, statut adopté en 1985, qui réunit une cinquantaine de sociétés de courses, toutes des associations à but non lucratif. Deux d’entre elles jouent le rôle de sociétés mères : France Galop, qui régit le plat et l’obstacle, et Le Trot, qui régit les courses de trot.

Autrement dit, les propriétaires du PMU ne sont pas des actionnaires qui attendent un dividende. Ce sont les organisateurs des courses sur lesquelles vous pariez. C’est une boucle fermée, et elle est unique en France.

Où va votre argent quand vous jouez au tiercé

Le pari mutuel n’est pas un pari à cote fixe. Vous ne jouez pas contre le PMU, vous jouez contre les autres parieurs : toutes les mises vont dans une même masse, l’opérateur prélève sa part, et le reste est partagé entre les gagnants. Environ 85 % des enjeux repartent vers les joueurs, le reste se répartit entre l’État et la filière hippique.

Ce prélèvement finance concrètement les hippodromes, les prix des courses, l’élevage et les emplois de la filière. En 2022, la contribution du PMU au secteur des courses a dépassé 800 millions d’euros. Là où un opérateur classique verse un dividende à ses actionnaires, le PMU arrose des écuries.

Les trois univers du PMU, souvent pris pour des marques différentes

On me demande souvent si « PMU Sport » ou « PMU Poker » sont des sociétés distinctes. Non : ce sont les univers d’une même maison, réunis aujourd’hui dans une application unique, PMU PLAY. À côté, l’application PMU+ reste dédiée au seul turf pour les habitués qui ne veulent pas voir de football sur leur écran.

La famille en un coup d’œil

Qui Son rôle Lien avec le PMU
France Galop Organise le plat et l’obstacle Société mère, membre du groupement
Le Trot Organise les courses de trot Société mère, membre du groupement
Les sociétés de courses régionales Font vivre les hippodromes locaux Membres du groupement
L’État Encadre, régule et prélève l’impôt Ni actionnaire, ni propriétaire

Les vrais concurrents, eux, ont des familles

Depuis l’ouverture du marché en ligne en mai 2010, le PMU n’a plus le monopole des paris hippiques sur internet. Ses concurrents, eux, appartiennent bel et bien à des groupes : ZEturf est passé sous FDJ United, la maison d’Unibet, et Betclic appartient à Banijay Gaming. Le panorama complet est dans notre annuaire des groupes.

Le monopole subsiste en revanche dans le réseau physique : les 13 000 points de vente où l’on coche sa grille au comptoir restent le domaine réservé du PMU.

Les propriétaires : France Galop et Le Trot

France Galop et Le Trot ne sont pas des entreprises de jeu. Ce sont les institutions qui écrivent le calendrier des courses, contrôlent les hippodromes, gèrent les licences des jockeys et des entraîneurs, et distribuent les prix. Elles vivent en grande partie de ce que le PMU leur reverse.

C’est ce qui rend le modèle si particulier. Un opérateur privé cherche à maximiser sa marge. Le PMU, lui, a pour mission statutaire de financer une filière. Quand vous entendez qu’un mauvais résultat du PMU inquiète le monde des courses, ce n’est pas une figure de style : c’est le budget des hippodromes qui bouge.

Capture d'écran du site de France Galop, société mère du PMU

Le site de France Galop, l’une des deux sociétés mères du PMU. On y parle calendrier des courses et élevage, pas cotes ni bonus. C’est l’autre visage du même écosystème.

Gouvernance et licences

Le groupement est dirigé par un conseil d’administration issu de ses membres. Éric Woerth en a pris la présidence le 30 mars 2026, et Cyrille Giraudat occupe la direction générale depuis janvier 2026. En ligne, le PMU opère sous agrément de l’Autorité nationale des jeux, qui a remplacé l’ARJEL en 2019, pour les paris hippiques, les paris sportifs et le poker.

Comme tout le monde en France, il n’a pas d’agrément casino, pour la bonne raison qu’aucun n’existe. Les machines à sous et la roulette en ligne restent interdites, quel que soit l’opérateur.

Le détail que presque personne n’explique correctement

On lit partout que le PMU est « l’opérateur d’État des courses ». Deux erreurs en cinq mots. L’État n’est pas actionnaire du PMU : il prélève un impôt sur les mises, comme il le fait chez Betclic ou Winamax. Et le PMU n’a plus de monopole en ligne depuis 2010.

Ce qui reste vrai, c’est le monopole du réseau physique et la nature mutuelle du pari. Les deux se conjuguent en une conséquence pratique que peu de parieurs mesurent : sur une même course, la cote affichée au moment de votre mise n’est qu’une estimation. Elle bouge jusqu’au départ, en fonction de ce que jouent les autres. Chez un bookmaker à cote fixe, ce que vous prenez est ce que vous gardez. Ici, non.

Mon avis sur le PMU

Capture d'écran de la fiche officielle de l'application PMU PLAY en français

La fiche officielle de PMU PLAY : 4,6 sur 5 pour 89 000 notes, éditeur PMU, avec le turf, le sport et le poker réunis dans une seule application.

L’inscription

Formulaire, puis pièce d’identité, comme partout en France. Une particularité si vous jouiez déjà au comptoir : votre carte PMU du bureau de tabac n’est pas un compte en ligne. Il faut en ouvrir un, séparément.

Le turf, évidemment

C’est la maison du turf et ça se voit à chaque écran. Programme complet, partants, pronostics, rapports, et une profondeur de données que les concurrents généralistes n’ont pas. Pour les grands rendez-vous, l’application déroule le tapis rouge : au moment où j’écris, tout le meeting de Deauville a droit à ses gains boostés et à ses tirelires spéciales.

Si vous jouez aux courses, difficile de faire l’impasse. Si vous n’y jouez pas, la moitié de l’interface ne vous servira à rien.

Le sport et le poker

Les deux existent, les deux fonctionnent, mais soyons honnêtes : ce ne sont pas les points forts. Face à la profondeur de Betclic sur le direct sportif ou au trafic poker de Winamax, le PMU joue dans une autre catégorie. Leur intérêt, c’est de tout regrouper sur un seul compte quand le turf reste votre activité principale.

Le bonus, lu de près

La fiche officielle annonce un bonus de bienvenue allant jusqu’à 100 euros, à choisir dans l’univers de votre choix. Comme partout en France, ce sont des crédits de jeu et non de l’argent retirable. Lisez la mise minimum et le délai d’utilisation avant de déposer, c’est là que se joue la valeur réelle de l’offre.

Les dépôts et les retraits

Carte bancaire pour déposer, retour vers le même moyen de paiement pour retirer. Rien d’original, et une réputation de fiabilité qui tient surtout à l’âge de la maison. On parle d’un opérateur qui encaisse des paris depuis les années trente.

Sécurité et jeu responsable

Limites, modération, auto-exclusion : le nécessaire est en place. L’interdiction volontaire de jeu se demande auprès de l’ANJ et vaut d’un coup pour tous les opérateurs agréés. Le 09 74 75 13 13 est la ligne gratuite et anonyme de Joueurs Info Service. Voir aussi notre page jeu responsable.

Ce que j’aime et ce que j’aime moins

Ce que j’aime

✓ La référence absolue sur le turf en France

✓ Un modèle où l’argent retourne à la filière

✓ Turf, sport et poker sur un seul compte

✓ Une maison ancienne et solide

Ce que j’aime moins

✗ Le pari mutuel : la cote bouge jusqu’au départ

✗ Sport et poker loin des spécialistes

✗ Une interface chargée si le turf ne vous intéresse pas

✗ Aucune marque sœur vers laquelle se tourner

Mon verdict

Le PMU est un cas à part : ni groupe privé, ni entreprise d’État, mais l’outil commercial d’une filière. Pour les courses, il reste incontournable. Pour le reste, il est correct sans plus, et c’est très bien ainsi. Si vous cherchez des familles de marques, regardez plutôt du côté de FDJ United ou de Banijay Gaming.

Questions fréquentes sur le PMU

Le PMU appartient-il à l’État ?

Non. C’est l’idée reçue la plus répandue sur le PMU. Il s’agit d’un groupement d’intérêt économique détenu par les sociétés de courses françaises, qui sont des associations à but non lucratif. L’État prélève un impôt sur les mises, mais n’est ni actionnaire ni propriétaire.

Qui possède le PMU ?

Les sociétés de courses réunies dans le groupement, avec deux sociétés mères en tête : France Galop pour le plat et l’obstacle, Le Trot pour les courses de trot. Le statut de groupement d’intérêt économique date de 1985.

Le PMU a-t-il des marques sœurs ?

Pas au sens habituel. Il n’existe pas d’autre enseigne de paris détenue par le PMU. PMU PLAY et PMU+ ne sont pas des marques distinctes mais deux applications de la même maison, l’une généraliste, l’autre dédiée au turf.

Le PMU a-t-il encore le monopole des paris hippiques ?

Uniquement dans le réseau physique, où ses points de vente restent son domaine réservé. En ligne, le marché est ouvert à la concurrence depuis mai 2010 et le PMU affronte notamment ZEturf, propriété de FDJ United.

Où va l’argent misé au PMU ?

Environ 85 % des enjeux repartent vers les joueurs sous forme de gains. Le reste se partage entre l’impôt versé à l’État et le financement de la filière hippique : hippodromes, prix des courses, élevage. En 2022, la contribution au secteur a dépassé 800 millions d’euros.

Peut-on jouer au casino en ligne sur le PMU ?

Non, et aucun opérateur ne le propose légalement en France. La loi n’autorise que les paris sportifs, les paris hippiques et le poker en ligne. Le PMU couvre ces trois univers, sans machines à sous ni roulette.

Pourquoi la cote change-t-elle après ma mise ?

Parce que le PMU pratique le pari mutuel et non la cote fixe. Toutes les mises vont dans une masse commune et le partage se fait entre les gagnants après le départ. La cote affichée avant la course n’est donc qu’une estimation, contrairement à ce que propose un bookmaker classique.

Qui dirige le PMU aujourd’hui ?

Éric Woerth préside le conseil d’administration depuis le 30 mars 2026, et Cyrille Giraudat occupe le poste de directeur général depuis janvier 2026.